Synopsis en cours de gestation !
Naruto, c’est un vrai phénomène. Digne héritier (ou pas) d’un mélange de Dragon Ball et de Saint Seya (du shônen à l’ancienne, et si ça ne vous dit rien, dites-vous que vous n’avez rien loupé. Oups, pas taper.), l’image du manga a été méchamment nivelée par le bas suite à l’adaptation animée qui vise un public encore plus jeune. Autant vous dire qu’avouer son amour inconditionnel pour le ninja tout d’orange vêtu dans notre beau pays devient, passé la douzaine d’années, synonyme de suicide social. Il ne fait pas bon aimer le manga en France, c’est pas nouveau. Heureusement pour nous, des types géniaux ont inventé internet, ce qui nous a permis d’acheter tout plein de trucs bizarres dont on aurait violemment honte si on se trimballait avec dans un magasin. Et je ne parle pas des hentai-games qui ornent vos étagères, ça serait mesquin. Mais bref, puisque vous avez maintenant la possibilité de vous lancer corps et âme dans le tourbillon (ouais, Naruto, tourbillon en japonais, jeu de mot, humour, peace), voyons si vous faites la plus grosse connerie de votre vie en claquant 6 mois de salaire pour l’intégrale de Naruto…
Il ne peut en rester qu’unL’histoire, je vais pas vous la faire à l’envers, elle tient en deux lignes : dans un monde atemporel gouverné par cinq villages de ninjas pas forcément en très bons termes où trahison et chantage sont monnaie courante, un incapable arriéré et tout faible veut changer le système à l’aide de son courage et de toute sa bonne volonté. Youpi. Mais vu l’état de son acuité mentale, le pauvre a du mal à voir sur le long terme, alors il se concentre sur un objectif moins chiant à réaliser : « devenir Hokage, c’est mon rêve », a-t-il souvent déclaré aux journalistes. Autrement dit, devenir le Big Boss de son village d’origine et vivre de ses rentes. Pragmatique, le gamin. Mais incompétent, pas de chance. Alors dans une optique d’auto persuasion, il se répète ses objectifs au moins quatre fois par épisode, histoire d’être sûr que vous avez bien retenu le message. 135 épisodes, hein. Pour la première saison. Sans compter les HS.
Là, même le plus hardcore des fanboys commencerait légitimement à douter de son achat. Alors pour empêcher une vague de suicide spontanée, on va commencer par son point fort : c’est un shônen. Pas de chance, c’est aussi son plus gros défaut. J’explique : un shônen animé vise un public plutôt jeune et souvent peu exigeant, qui fait facilement abstraction d’incommensurables lenteurs tant qu’elles sont suivies de scènes classieuses à souhait (mouais, question de goûts). Du coup, les producteurs ne s’en privent pas, et la série dépasse allègrement la centaine d’épisodes. Inutile de vous dire qu’on aurait pu sans mal condenser le tout en une grosse trentaine, nous épargnant ainsi les insupportables lenteurs du titre. Fans des combats en dix épisodes, bienvenue chez vous. Et comme bien trop souvent, les dialogues sont atrocement rendus, notamment lors des combats censés être le gros point fort de l’animé : le petit flashback dramatique de deux pages dans le manga papier se transforme ici en une pompeuse tirade fumiste à souhait qui coupe un combat intéressant pendant dix bonnes minutes, le tout ponctué des nombreuses onomatopées bien bruyantes du petit Naruto qui se rend compte que le monde n’est pas tout rose et qu’un type qui se bat jusqu'à la mort peut lui aussi avoir de bonnes raisons. Trop chou, mais dans la mesure où j’ai passé l’âge de recevoir d'intéressantes leçons sur le sens de la vie et l’importance de se battre selon ses convictions, vous m’accorderez qu’on s’emmerde sévère pendant ces petites (façon de parler) réparties moralisatrices.
Le shônen moderne est principalement défini par un jeune héros tout faible et insupportablement naïf, et dont on va suivre la lente évolution jusqu’à ce qu’il puisse se taper du lourd. Normal, ça permet au lecteur de s’identifier, c’est bon pour l’immersion et surtout pour les ventes. Bref, toujours est-il qu’on assiste à une course interminable à la puissance et dont les codes sont sans cesse massacrés : à peine a-t-on eu le temps d’établir les rapports de force par rapport aux autres personnages que l’auteur nous balance des mecs sortis de nulle part et leur invente une force improbable. Exemple très concret : suite à l’arc d’Orochimaru, un gros méchant bien balèze, on a droit à ses sous-fifres, les ninjas du son. En plus de leur nom ridicule, les pauvres sont du genre plutôt faiblards. Mais plutôt que d’envoyer l’artillerie lourde, on va avoir droit à quelques combats en compagnie de Naruto et ses copains qui vont se jouer sur le bout du fil. En gros, on envoie des débutants contre des ninjas théoriquement puissants. Théoriquement. Et tout ça pour quoi ? Pour faire durer des combats chiants à mourir en attendant la confrontation réellement intéressante. Mais dans la mesure où ce petit jeu dure quand même une grosse vingtaine d’épisodes, ça frustre.
Mais dans cette petite digression, j’attaque le genre même du shônen (carrément !), et on n’est pas là pour ça. Du coup, on va considérer que cet enchaînement stérile de combats vous passionne tant bien que mal, et que vous faites partie de ces mecs capables de faire abstraction de tout défaut du moment qu'on leur montre leur perso préféré au moins dix secondes par épisode. Pas besoin qu'il parle, 'suffit qu'il tape la pose avec un sourire torturé et c'est bon, des pantalons se déboutonnent aux quatre coins du globe (les scientifiques appellent ça "l'effet Bleach", maître incontestable en la matière). Maintenant que votre condition acerbe de larve fanatique est bien clarifiée, on peut passer à la suite...
"Et les combats ? Bien ? Beaucoup ? Y'a des gonzesses ?", je vois d'ici la question poindre sur vos lèvres. Hélas, la réponse sera cinglante et sans appel : si la quantité y est, la qualité se traîne lamentablement (et ça s'applique aussi aux gonzesses, NDR). Pas uniquement à cause des dialogues stériles omniprésents qui plombent méchamment le rythme, mais tout simplement à cause de l'animation. La réalisation. La qualité des dessins. Tout pue le bâclé et le réchauffé. C'est ça, la surproduction : faire plus en moins de temps (et moins cher, par extension). Bon, les studios Pierrot ne sont pas reconnus pour la qualité de leurs réalisations, mais là on éclate le plancher et on s'apprête à toucher un fond encore jamais découvert (merde, c'est quoi cette manie de courir avec les bras en arrière pour faire genre j'suis un ninja ?!). Un exemple très simple : le combat entre Naruto et l'élu de son cœur (notez le masculin. Oh, spoil, pardon.) est sans nul doute le seul bien animé où on ressent un vague plaisir à suivre des yeux les mouvements exagérés des protagonistes (ou antagonistes, puisque ce combat marque la fin de cette première saison, en omettant volontairement la très longue série de HS.). Mais tout cela a un prix, forcément : la qualité des dessins. Bon, ça passe à peu près parce qu'on est dans l'ambiance, combat attendu tout ça tout ça, mais quand même... déjà que la moyenne de l'animé n'est pas bien haute, là on croirait presque regarder du Noein. Sauf qu'ici, ça n'est pas une question de style graphique atypique, simplement une question de manque de temps.
Vous comprenez, quand on passe en prime-time sur une grande chaîne japonaise, on n'a pas trop le temps de s'amuser à faire un truc de qualité. Là encore, ce ne sont pas tant les réalisateurs de la série que les grandes pontes du manga moderne qui sont ici à blâmer. La surexploitation d'une licence qui marche oblige le studio d'animation et le mangaka à produire en continu. Ça paraît con, mais ce sont bien les délais hebdomadaires intenables imposés au mangaka qui massacrent une œuvre Ben oui, les combats dont tout le monde se fout, ça ne sert pas seulement à faire du fric, c'est surtout vital pour l'auteur qui cherche désespérément à gagner du temps pour imaginer les futurs combats intéressants. Le syndrome du Comte de Monte Cristo dans toute sa splendeur. Manque d'inspiration ? Tant pis, il nous faut le chapitre de la semaine, bonhomme... Et vous comprendrez qu'après 44 tomes, l'inspiration en prend un sacré coup. Être responsables des dessins, des dialogues et du scénario dans des délais limités, c'est trop pour un seul homme (d'où l'émergence de mangas à succès co-réalisés par un dessinateur et un scénariste. Au hasard, Death Note...). Maintenant, vous savez pourquoi on a droit à des mangas et animés au rythme haché et au contenu sporadique.
En toute honnêteté, la question se pose, oui. Pour l'animé, tout du moins. Reste le scénario. Ouais, en personne. Eh bien... contre toute attente, c'est certainement le gros point fort de Naruto. Personnages secondaires charismatiques et omniprésents, intrigue suivie, rebondissements en chaîne, méchant charismatique, y'en a pour tous les goûts. Non, rien à redire, les 14 premiers tomes (pour l'animé, comptez une énorme soixantaine) sont indiscutablement réussis. Mais là encore, la surproduction vient peu à peu ternir ce tableau à grands coups de stéréotypes et de gels scénaristiques. A force de multiplier les coups d'éclats et les combats ultra-serrés de personnages surexploités, l'auteur est forcé de détruire son échelle de puissance, quitte à inventer des rebondissements ridicules pour justifier la nouvelle affluence de pouvoir pour tel ou tel personnage qui se trouverait dans une situation un peu délicate. Du coup, on en arrive à presque haïr les seconds couteaux auxquels on s'était presque attaché lors de l'examen. Là encore, c'est d'autant plus regrettable que le titre avait le potentiel pour éviter une telle décrédibilisation d'un univers pourtant assez bien rôdé.
La suite du manga (qui s'étale quand même sur une trentaine de tomes, et plus de 200 épisodes pour l'animé) reste égale à elle-même : si on aperçoit toujours la petite étincelle de génie, celle qui a provoqué le phénomène Naruto, on s'emmerde littéralement entre deux passages intéressants. Alors évidemment, ça suffit pour tenir le lecteur en haleine qui a quand même sacrément envie de connaître le dénouement de l'histoire des frères Uchiwa (très réussi, du reste. D'ailleurs, tant qu'on en parle, je me dois de vous signaler que Sasuke rend admirablement honneur à la connerie ultime dont il semble être l'actuel possesseur. Jusqu'au bout. Sacré lui.). Il n'empêche, aussi captivant que soit le scénario, la lenteur des évènements pénalise fortement le plaisir de lecture, d'autant plus que le plaisir de la découverte n'est plus là. Un peu comme une relation trop longue, en fait : la lassitude prend le pas sur le plaisir, mais après tout ce temps passé ensemble, on a du mal à décrocher. Vous me trouvez cynique, méchant et très doué ? Sans doute, mais si je dis tout ça, c'est parce que Naruto comme chef-d'oeuvre, moi j'y croyais...
7/10 |
Fade, moche, mal animé, incroyablement lent, la liste est longue et ne rend franchement pas honneur au travail de Kishimoto. Comptez un bon 4/10 pour l'anime. Il m'est assez difficile de conseiller une adaptation aussi désastreuse alors que le manga papier infiniment plus réussi vous tend les bras pour moins cher. Le même, mais en mieux, tout simplement. La version papier n'est pourtant pas exempte de défauts, à commencer par un certaine redondance dans les combats et cette sale manie bien vénale de faire tourner l'histoire en rond. Pourtant, le génie est bien présent, avec un scénario étonnement captivant dont le rythme a tragiquement été sacrifié sur l'autel de la rentabilité. Définitivement, la longueur a tué ce qui aurait dû devenir la référence du shônen. (ce qui ne l'a d'ailleurs pas empêché de le devenir quand même.) Un chef-d'œuvre pour les habitués du genre, un bon divertissement pour les autres : choisis ton camp, camarade. |
Note Membres8/10 |
Il y a
6 opinions.
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KiRly : Posté le 07/07/2010 à 01:02
Lorsque j'ai commencé le manga, les seuls autres mangas que j'avais lus/regardés étaient mes Dragon Ball et mes Saint Seiya. Là encore j'avais trouvé mon bonheur... Mais du haut de mes 16 ans maintenant, je me suis largement lassé du manga et des autres shônen-like comme One Piece ou Bleach. Comme tu l'as dit, les séries sont rallongées volontairement et la lassitude s'installe. Et puis même si les scénarii ont tous un truc qui fait que l'on a envie de connaître la fin, j'ai le sentiment d'être gavé. Au début l'histoire était assez originale mais elle est devenue si banale... (tu l'as d'ailleurs assez bien décrit). Je continue quand même le manga pour passer le temps mais plus avec le même intérêt qu'au début. Bref, je mets quand même 6/10 même si j'ai l'impression que c'est trop.
6/10
T. : Posté le 10/06/2010 à 11:41
Ton test aurai pu être beaucoup mieux si il avait été écrit avec plus d'objectivité.
8/10 pour Naruto. ^o^
Non noté
jujuw38 : Posté le 03/02/2010 à 13:32
Ton test est trés bien fait mais je ne suis pas d'accord avec ta note. J'aime beaucoup Naruto et trouve les episodes trés bien construit voila ^^
10/10
Mangatine ! : Posté le 30/04/2009 à 13:14
Personnelement jaime bien naruto mais sa gave au bout d'un certain moment alors lisait le mais pas 24/24 . voila se que je peut dire .
8/10
series mangas : Posté le 18/02/2009 à 12:55
Je te félicite pour le test, il est bien détaillé. Même si il a beaucoup de défault, j'apprécie la tête jaune. Merci pour ton test et bonne continuation.
9/10
Archinaze : Posté le 17/01/2009 à 11:03
manque d'épisode tout frais
7/10