Les diclonius sont des humains cornus dotés de multiples pouvoirs mortels. Une telle puissance fait d'eux des êtres
très instables, reclus par les hommes et soumis à des expériences que l'éthique condamne. Lucy, l'une d'entre elles,
parvient néanmoins à s'échapper d'un de ces laboratoires au prix d'une grave blessure au crâne qui la rend amnésique.
Elle est finalement recueillie par Kouta et sa cousine Yuka, deux lycéens qui la retrouvent inerte sur une plage.
Cependant, cette évasion est immédiatement suivie par le déploiement de plusieurs troupes d'assaut qui ont pour
mission la capture de Lucy. Fatalement ratrappée par son passé, cette chasse à l'homme réveillera des souvenirs
douloureux, tant pour Lucy que pour Kouta...
Les premières secondes de la série donnent le ton : des cadavres aux membres désarticulés jonchent un sol parcouru de filandres de sang dont la surabondance divise déjà les foules. Pour certains, il s’agit d’une exagération voulue au service du message porté par l’œuvre, alors que beaucoup pensent que ce n’est qu’un détail morbide de plus qui vient titiller la fibre rebelle du jeune narutomaniaque qui croit avoir franchi un cap avec une série « adulte » (et donc forcément gore. Monde de merde…). Je vous laisse seul juge.
Même si l’on imagine fort bien l’origine de telles scènes lorsqu’on aperçoit la tête de naze qui servira de héros à la série, le contraste reste néanmoins très frappant avec le cadre coloré qui compose une bonne partie de l’animé. Kouta, car il a un nom, est un lycéen japonais basique, et donc particulièrement inintéressant. Sa vie minable prend un tournant tragique lorsqu’il décide d’aller vivre chez sa très traditionnelle cousine Yuka où il se verra contraint de supporter les cordes vocales de la miss (un moment difficile à passer) dans le but de… en fait on s’en fout royalement. Tout ça pour dire que c’est dans ce cadre très banal (situation entre deux lycéens de sexe opposé sans parents, sans soucis financiers ni scolaires et finalement sans intérêt) que débarque Lucy. Personnage central de la série, c’est elle qui vous fera chialer ou non à la fin. Comprenez par là que c’est autour d’elle que s’articulent les grands axes du scénario, tant sur le plan de la romance que sur celui des diclonius. Si vous êtes perdus, lisez le synopsis, histoire qu’il serve à quelque chose, pour une fois.
La longue liste de défauts ne s’arrête heureusement pas là, sinon on n’appellerait pas ça un chef-d’œuvre. Le plus frustrant en vérité, c’est que le fan-service omniprésent, l’autre facette sombre du titre, est le plus souvent tributaire de… Lucy elle-même. Le personnage le plus attachant est aussi le plus détestable. Marrant, non ? En fait, ça tombe plutôt bien puisque la miss en question est schizophrène. La justification d’un tel choix est tout simplement la volonté de créer un fort décalage entre une ambiance harem/humour lourd et un ton nettement plus sérieusement tragique. Exactement comme dans Higurashi, c’est ça, Mange-boules. Retourne t’asseoir.
Bref, lors des nombreuses scènes fan-service, en lieu et place d’une Lucy rongée par le sadisme et la vengeance, on a droit à Nyu. Nyu. Nyu Nyu. Un nom aussi plat que le QI de la demoiselle. L’incarnation même du fantasme japonais, une gamine aux grands yeux colorés et aux seins sacrément colorés pour le coup, recouverte en tout et pour tout d’une simple chemise et combinant un comportement de nouveau-né avec une pointe de nymphomanie. En découlent des scènes imaginées pour le japonais qui découvre son corps et étrangement similaires à un animé harem bien connu, Girls Bravo pour ne pas le citer (merde les gars, on avait dit pas de nom). Peu importe la substance euphorique que vous avez l’habitude de consommer, il vous en faudra une sacrée dose pour espérer apprécier ces passages qui suintent de fan-service. En fait, le véritable problème se pose lorsqu’on se rend compte que ces scènes composent une bonne grosse moitié de la série, rien que ça.
Heureusement, l’excellent choix du format en 13 épisodes (on ne le dira jamais assez) transforme une lourdeur certaine en une brève période d’accalmie finalement presque attendue. J’explique. 13 épisodes pour développer et conclure un scénario, c’est court. Du coup, les scènes cultes s’enchaînent rapidement, le rythme est soutenu et les scènes harem prennent toute leur ampleur modératrice. Alors qu’on imagine une crise écartée lorsque Lucy dit merde à son cerveau, redevenant ainsi Nyu (c’est une métaphore, hein), la pression remonte immédiatement en fin d’épisode, vous poussant à avaler l’animé d’une traite. C’est à ça qu’on reconnaît un très grand titre, me direz-vous. Et pour une fois, vous n’êtes pas trop en-deçà de ma pensée.
Du coup, les temps morts ont beau être nombreux, ils ont le mérite d’être très courts, permettant au scénario de se développer rapidement. Et il en vaut la peine, croyez-moi. C’est simple, le dernier épisode vaut à lui tout seul toute la série, c’est dire. Quant à la fin, elle impressionne de génie : rester de marbre à l’issue des trois dernières secondes de l’épisode final relève de la pathologie (ou du coma éthylique sacrément violent). La musique n’y est d’ailleurs pas étrangère, tant le thème principal de la série relève du génie. Il suffit d’écouter l’opening (acclamé par les plus réfractaires) pour s’en convaincre…
Si l’on place entre parenthèses ces fameux temps morts, l’ambiance de la série est résolument dramatique et développe des sujets souvent très durs. Loin de moi l’idée de vous infliger ces pitoyables et sacrément pédantes tentatives de trouver un sens profond à un acte là où il n’y en a pas (oui, toi, fervent défenseur de shônen), mais les personnages sont souvent rattrapés par un passé rarement joyeux, que ce soit dans les tortures effectuées sur des gamines, la pédophilie ou encore les scènes de sadisme gratuites. Pour une fois que tout le monde n’est pas propre… il n’empêche qu’Elfen Lied n’est clairement pas un titre tout public. Ces scènes renforcent le côté dérangé des personnages qui possèdent tous leur propre névrose, et même si l’auteur a trouvé sage de jeter un voile pudique sur certains passages (celui de la pédophilie qui a d’ailleurs fait grand bruit), il reste ce côté dérangeant où ce sont des gamins qui sont au cœur des actes.
En fait, imaginez-vous un enfant armé d’un flingue en permanence. Son jeune âge le poussera forcément à l’irréparable s’il pète les plombs. Il ne s’agit pas là d’une question de bien ou de mal mais simplement d’un manque de discernement. Ce pouvoir de vie ou de mort sur autrui accordé à des enfants est la base même du concept des diclonius, qu’un tel pouvoir déséquilibre mentalement. D’où une marginalisation craintive de la part des simples humains, accentuant d’autant plus le déséquilibre des filles cornues qui arborent d’ailleurs toutes une crinière rose très flashy. Ca jure un peu, mais on s’y fait à la longue. On assiste ainsi à la naissance de monstres pourvus de sentiments humains, et c’est au cœur de cet oxymore que se passent la plupart de scènes dramatiques du titre.
Evidemment, Elfen Lied ne peut pas plaire à tout le monde. Une œuvre marquante l’est parce qu’elle s’attaque directement aux sentiments du spectateur bien au-delà de l’intrigue, ce qui, par définition, divise les foules dont la sensibilité souvent exacerbée par la psychologie retorse du... L’intérêt particulièrement discutable de cette phrase pompeuse que je finirai un autre jour n’aura certes pas échappé à votre cerveau ramolli par un excès shônen : l’appréciation d’Elfen Lied dépend entièrement de votre degré d’attachement aux personnages et aux évènements tragiques qu’ils traversent, d’autant plus que l’intrigue d’Elfen Lied est principalement axée sur les relations entre les personnages. C’est pourquoi les scènes que je décris comme cultes pourront paraître très fades à certains dont le manque de goût n’est plus à démontrer (et je suis subjectif si je veux). En bref, si vous restez imperméables au charisme de Lucy, votre relation avec cet animé est sacrément compromise.
Pour tout chef-d’œuvre présumé, on adore ou on déteste, mais impossible de rester indifférent. Elfen Lied n’y fait pas exception, et accentue ce gouffre du fait des nombreux choix très discutables de l’auteur. A vous de voir si vous pardonnez ces écarts au profit du côté sublime de l’œuvre…
9/10 |
Elfen Lied est un de ces rares animés cultes qui vous marque à vie, une œuvre unique, à la fois sublime et dérangeante, dans le fond comme dans la forme. Passer sciemment à côté d’un tel monument, c’est pécher. Ce serait aussi une énième lacune dans votre culture japanimesque (néologisme complet, à ne pas replacer sur votre CV), et Dieu sait comme vous n’avez pas besoin de ça… |
Note Membres10/10 |
Il y a
4 opinions.
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Mehrlicht : Posté le 15/08/2010 à 02:00
LE MEILLEUR DE TOUS LES TEMPS !!!
Edit Bren : Pas de pub, merci bien.
10/10
Misako : Posté le 23/02/2010 à 14:48
Ce manga est le meilleur que j'ai jamais vu. Il est franchement genial . Il est aussi triste et beau et j'en ai pleurer.Les details ,l'histoir et l'anime est magnifique. Je ne l'oublierai jamais.Respet
10/10
Kirby : Posté le 07/02/2009 à 16:40
Très bonne critique pour un excellent anime ... Du grand art ! :)
Aussi triste que sympa à regarder, c'est toujours avec nostalgie qu'on réécoute l'intro Lilium ...
A regarder absolument :).
Non noté
magnifique : Posté le 27/01/2009 à 23:30
j ai rarement vu un si beau manga et surtout si triste(quoi qu apparement evangelion est pas mal dans le genre)n hesitez pas en tout cas,lancez-vous même si la fin risque de vous bouleverser.en tout cas comme tu le dis si bien c est un chef d oeuvre :je félicite le créateur du manga.
ps:un manga spécial mais que j ai adoré:Rozen Maiden ;) .
10/10