Synopsis en cours de gestation !
Le pire, c’est que l’origine de cet animé est encore et toujours un jeu hentai. Cependant, nulles filles ici présentant des attributs génétiques perturbant pour les puritains que vous êtes. Non, ce sont juste des neko girls (femmes-chats), un grand fantasme de ces pauvres japonais à la sexualité décidément pas très nette. Tous les personnages sont donc affublés de petites oreilles et d’une longue queue sinueuse, zone d’ailleurs très érogène (véridique !). Bon, sur le papier, on peut facilement cauchemarder et imaginer un animé très moe moe (les magical girls, fringues toutes roses à l’appui, toussa toussa…), mais il n’en est heureusement rien. Simple choix artistique pouvant créer une certaine appréhension dont on s’affranchit rapidement. Car mine de rien, l’animé charme rapidement.
L’histoire commence pourtant avec beaucoup d’originalité : un mec amnésique qui se retrouve dans un monde médiéval à l’asiatique (un peu comme Mononoke-hime) qu’il ne reconnaît pas. Hum. Ah oui, et il a un masque collé sur la gueule (flemme du dessinateur d’inventer un visage ou résidus acnéiques gênants pour un futur maître du monde ?). Bref, il trouve bien vite un nom et des nanas dans un petit village persécuté par l’habituel dictateur de service. Notre homme est fort heureusement un homme d’action, et non content d’assurer l’indépendance du village, il s’empresse d’occuper le pays tout entier. Mais lorsqu’on joue à l’apprenti Napoléon, on se rend bien vite compte qu’une nouvelle puissance émergente risque de contrarier les puissants de ce monde. Du coup, si on veut survivre, il faut se battre… Notre homme est fort heureusement un homme d’action (bis), mais aussi un homme réaliste, ce qui lui vaut d’agir comme il le faut. Et ça, dans un animé, c’est très rare. Vraiment.
Pourtant, Hakuoro, c’est le type même du mec posé, sage et qui a l’insupportable habitude d’avoir toujours raison. Mais, malgré un sérieux manque de charisme d’un point de vue esthétique (quoique, question de goût), force est de constater que ses réactions sont… intelligentes. Nul besoin de beugler un bac +13 (sans doute mérité) pour comprendre ses stratégies, mais il a le mérite d’agir, et bien. Vous êtes ici épargnés d’un pamphlet au manichéisme certain sur une guerre propre ou d’autres conneries narutoniennes du genre. Même si Hakuoro se veut sage, il est conscient que pour rester libre, il faut se battre, et c’est pas toujours très beau à voir ni à faire. De tels raisonnements dans un animé, c’est assez rare pour être souligné, alors on se tait et on apprécie.
N’espérez pas non plus un univers sombre et réaliste. Dans l’ensemble, on se rapproche plus d’un shônen qu’autre chose, et on reste dans le schéma basique du gentil contre le méchant. Un exemple concret : d’un seul coup d’œil, on remarque les généraux ennemis qui vont passer du « bon » côté. Pas très compliqué, il suffit de repérer les personnages charismatiques…
Du point de vue graphique, l’héritage du jeu hentai se fait agréablement sentir : le chara-design est très soigné, tant pour les hommes que les femmes. Quant aux dérives sexuelles, elles sont comme toujours soigneusement évincées de l’animé, ce qui n’empêche pas Oboro de se taper ses servantes jumelles (« Oboro-sama !! », ça trompe pas…). On se retrouve avec des personnages charismatiques et réellement attachants, qui mettent en évidence un des gros défauts du titre : le scénario.
N’allez pas croire qu’il est inexistant, loin de là. Il est tout simplement mauvais. Si la première partie de l’animé est agréable en raison de la découverte des personnages et de l’univers (malgré un sang ketchup, assez perturbant pendant les combats), la seconde partie est juste catastrophique. Entre l’apparition de mechas (en plein milieu d’un combat à l’épée, ça fait tâche) qui saignent (!), un méchant pas très convaincant et les révélations sur le passé de Hakuoro pas spécialement palpitantes qui virent presque à la S-F de seconde zone, on a de quoi être sacrément déçus. Mention spéciale au combat final et à sa justification qui frisent tous deux le ridicule. On peine à croire qu’il s’agit du même scénariste de bout en large…
Après cette désillusion certaine, je sens poindre en vous une certaine appréhension à l’égard du titre. J’annonce donc rapidement la couleur : elle est injustifiée. Les faiblesses (lacunes) scénaristiques sont clairement compensées par les personnages auxquels on s’attache, mais aussi et surtout par la finition de l’ensemble. Oui, les 24 épisodes s’enchaînent malgré leur nombre, et le plaisir reste intact tout du long, malgré une baisse de régime certaine dans la seconde partie, signaleront les plus tatillons d’entre vous. Rassurez-vous, l’arc est court et reste néanmoins assez plaisant.
Ce qui nous amène d’ailleurs au dernier point fort de l’animé : l’humour. Même s’il reste sporadique, il faut bien reconnaître que les scènes humoristiques sont bien senties (pour une fois…). Elles n’ont bien évidemment pas la prétention de provoquer des fous rires, mais impossible de nier leur apport à la fluidité d’un titre qu’on avale en quelques jours. Ca force le respect…
8/10 |
Utawarerumono (« le chant des rêves » en français) ne marquera certes pas les esprits, mais il reste un titre aux qualités évidentes qui vous fera passer de très bons moments, et c’est bien le principal. Bouder un tel animé sous prétexte que la fin est décevante relève du crime, et d’autres ont péri pour moins que ça. Vous êtes prévenus. |
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